des souvenirs me hantent

des souvenirs me hantent
Je me rappelle la cantine à la maternelle. Je n'y mangeais rien, comme tout un tas de bambins exigeants et difficiles. Comme presque tous les bambins. Ma grand-mère finit par venir me chercher le midi.

Je rappelle les repas au self du collège. Je ne faisais pas attention. je prenais ce que j'aimais.
Je me rappelle les discussions d'Emeline et Cassandre à la table d'à côté. Je me rappelle les moqueries de Natacha à leur sujet. Natacha était un peu "enveloppée", mais elle s'en fichait. Natacha riait d'elles, parce qu'Emeline et Cassandre parlaient "calories". Natacha savait quand même ce que c'était, des calories. Moi à 15 ans, je n'en avais aucune idée. Mais je mettais des vêtements larges, au collège, parce que mon corset m'empêchait tout vetement moulant. Ni le haut, ni le bas. Je fais partie de ces filles qui ont porté le baggy et le t-shirt de garçon. Je fais partie de ces filles qui ont cherché à se convaincre que c'était beau, que c'était chouette. J'ai fais partie de ces filles qui ont voulu se démarquer davantage de ce qu'elles avaient déjà de différent.

Je me souviens de Raphael et Brian parlant des fesses des filles. J'étais en 3eme. On était en cours de musique. J'étais au 1er rang, entre Raphael et Benoit. Charlotte, Marjorie et Lucie avaient du s'approcher du piano. On avit une série de popotins sous les yeux. Et les garçons critiquaient ou se rinçaient l'oeil. Marjorie ? cul plat. Lucie ? trop gros. Charlotte ? parfait.
Le soir, en culotte, je me matais les fesses pour savoir si c'était pas trop plat, trop gros ou trop qqch. J'avais été trop conne. Trop conne de les écouter, enfin, d'avoir entendu, et d'avoir regardé. Ca m'a obsédé pendant des semaines. Pourtant, je le savais et je le sais, mon derrière était plus petit et plus chouette que celui de Marjorie et Lucie. Celui de Charlotte, c'était l'apogée du popotin. C'était aussi l'apogée de Charlotte. J'ai recroisé Charlotte il y a qq semaines. Elle a un double menton.

Je me souviens de mes vacances à l'océan avec Claire. On avait le même corps, quasiment. On nous prenait même pour des jumelles. On avait les mêmes cheveux, les mêmes bassins aux os saillants. Mais elle avait les yeux verts. Je me souviens des journées à cramer à la plage (j'ai une peau de rousse : je rougis, puis je pèle... donc, jsuis trop belle moi quand je rentre de vacances!). Je me souviens que ça me plaisait de voir mon bassin dépasser. Mais ça n'avait, à l'époque, rien à voir avec la nourriture, les calories, le sport, ni même avec une quelconque maigreur recherchée. J'étais maigre, c'est tout. Mais je me trouvais quand même moins bien que Claire. Je la trouvais mieux parce qu'elle avait les yeux verts, et que ça lui donnait l'air "plus mince". J'étais idiote
La seule maigre que je connaissais, c'était Elizabeth. Au collège, les autres la traitaient "d'anorexique". J'ai du le faire moi aussi. J'étais idiote. Mais Elizabeth n'a rien d'une anorexique : elle a toujours l'air aussi maigre, et pourtant, elle pèse plus que moi, et mange comme un cochon : du nutella à n'importe quelle heure, de la journée ou de la nuit, des princes, des pépitos, de la brioche, des pâtes, des chips, des cacahuètes, et des pizzas, des pizzas, des pizzas ! et elle ne fait pas du tout de sport... Elizabeth est Elizabeth, tout simplement. Elle ne ment pas, se fait plaisir et vit en rigolant et en sautant partout. Elizabeth est géniale.

Je me rappelle le lycée. Je montais et descendais sur la balance à aiguille avant d'aller à la douche. Avant d'avoir les cheveux mouillés. Je montais et descendais de la balance. Contrariée de ne pas y voir le même poids à chaque montée. Je n'étais pas contrariée par mon poids. J'étais contrariée de ne pas savoir cb je pesais "exactement". Mais je n'étais pas contrariée bien longtemps, parce que l'école était plus important que mon poids.
Aujourd'hui, l'ordre n'a pas changé. L'école a tjs le dessus. Sauf que mon poids me contrarie .
Je me souviens qu'à même pas 16 ans, mon premier namoureux m'avait menti. Il avait renoué avec son passé immédiat : retourné avec son ancienne copine (qui parlait tt le temps de calories d'ailleurs) qu'il avait trompée elle aussi, comme presque ttes les autres. Ca vient peut etre de là mon souci avec les hommes : je n'ai jamais confiance, J'ai tjs l'impression d'être trompée. Tjs l'impression d'être trahie. Alors j'étouffe. Je m'étouffe et j'étouffe l'Autre. La mouche et les autre. Je demande. Tout savoir. Tout calculer. A quelle heure ? Je vérifie dans ma tête.
Je suis infernale.

Je me souviens de janvier 2006. Les premiers jours avec la mouche. La mouche était en staps (sport) . La mouche n'était entourée que de filles et garçons musclés. Ca m'impressionnait. Moi je me fichais bien que mes amis soient sportifs et musclés ou larvasses bedonantes devant la télé, tant qu'ils me faisaient rire et qu'ils avaient ce truc de brillant. Ma grande pote du moment n'était plus Claire. Ma grande pote, c'était Julie. Julie la "boulimique". Julie qu'Elsa appelle "la grosse". Julie quoi. Julie m'appelait tard ds la nuit pour me dire qu'elle avait mal au ventre. Julie mangeait de la quiche et de la viande encore congelées. Je ne comprenais pas, mais j'essayais d'être là. Mais je ne comprenais pas. Julie était brillante, elle avait du succès, mais je ne comprenais pas qu'elle ne controle pas sa "fausse faim". Je ne comprenais pas. Mais je lui montrais que ça n'avait pas d'importance que je comprenne ou pas. Ce qui était important, c'était de la guider vers le rire. Vers la bêtise et le ridicule. Parce que Julie était pleine de limites, de timidité...

Nos rôles sont aujourd'hui inversés : elle est guérie, j'ai la tête sous l'eau et un iceberg dessus. faut que j'attende qu'il fonde. Ca risque d'être long.

Pour revenir à janvier 2006, je me souviens que je me suis regardée et que je me suis dis qu'il fallait faire qqchose. Je me souviens avoir passé une soirée entière à danser devant ma glace en m'interdisant toute pause. J'étais idiote.

Je me souviens septembre 2006, quand la mouche m'a, encore fait "allez ciao ciao", la veille de la rentrée. Parce qu'il ne pouvait pas manquer un entrainement pr partir 2 jours qq part avec moi. Par contre, manquer 2 entrainements et un match pour aller "jouer poker" avec ses abrutis de copains, aucun souci. Mais pr moi, c'était trop... Alors je suis "tombée triste". J'ai pleuré des litres de larmes. Et je n'ai plus mangé, parce que j'étais triste. Ca a duré peu de temps. Quelques semaines seulement. L'entrée directe en 2ème année de fac. Le knorr vie du matin aux fruits rouges, le malaise matinal, le déjeuner seule à travailler en mangeait mon oeuf dur et mon euro 10 de taboulet au poulet, et la biscotte au beurre et à la confiture pr le repas du soir. Je n'avais plus faim. Mon estomac s'est rabougri. J'en suis venue à avaler uniquement le knorr vie du matin et la biscotte beurre-confiture. Oh, comme c'est bizarre, ts les jrs j'avais droit à mon petit malaise matinal ! "il fait tp chaud et on est tp serrés ds le tram"... C'est à cette époque que j'ai fais le 2eme don du sang. Le 17 octobre 2006. Je faisais 39 kilos. Je me suis pesée en rentrant chez moi, apres mon malaise. J'avais bien remarqué que j'avais perdu du poids, mais bon... L'école était plus importante. Le malaise du don du sang m'a fait comprendre que qqch clochait. Mais j'en suis restée là, avec ma biscotte, à 38 kilos. Ca ne me semblait pas alarmant. Je ne me trouvais ni grosse ni maigre. J'étais, et j'étais triste. Mon ancien copain s'est installé, il a pris de plus en plus de place pour écraser la mouche, un peu. La biscotte ne lui suffisait pas. Il ne me comprenait pas. Et progressivement, la "douleur" s'est évanouie. Et, progressivement, j'ai remangé. Sans m'en rendre compte. Alors j'ai "repris", sans m'en rendre compte, jusqu'au miroir. J'avais retrouvé mon poids de l'été, mon poids de tjs. mon poids succès. Mon poids loin du malaise, ou en ts cas hors du malaise.

Je me souviens de décembre 2006. Dans un hotel à Paris avec mon ancien copain. Celui qui me comparait non pas à sa soeur, mais à la fille d'avocats qui n'avait jms voulu de lui. Un miroir parcourait le mur. J'avais marché devant. Ce que j'avais vu allait tout changer. J'ai pleuré, devant le miroir de Paris. Devant mes souvenirs. Devant moi. "j'ai grossi!" et il m'a répondu "un peu, c'est mieux".

A partir du miroir, j'ai décidé qu'on mangerait dorénavant davantage de légumes et de fruits : des asperges. J'avais mal au ventre. Tt le temps mal au ventre. J'ai du consulter un médecin : laxatifs. Mais ils ne servaient à rien. La présence de mon copain me "bloquait". Je me souviens, on se souvient que j'ai tjs eu ces problèmes là. Puis il m'a dit que j'étais "proportionnellement plus grosse" que la fille d'avocats. Et j'ai commencé mes idioties. Je l'ai poussé à me dire que j'étais plus grosse. Je ne pesais que 44kilos. 44 kilos de gourmandise. 44 kilos de travail. 44 kilos de bonheur. 44 kilos de moi. Ses paroles ont tt dévasté. A croire que mon bonheur n'était pas si ancré, pas si honnête. Pas si fort. Pas tellement là. Il n'était que fictif.
Le lendemain je mangeais du concombre. Le surlendemain de l'asperge. 3 jours apres, du concombre. Puis j'ai découvert les produits 0%, les produits du rayons diététique, et, évidemment, les calories. J'ai fais des cures de haricots verts. La viande a été banie, tt comme les oeufs et le poisson. Puis les oeufs ont refait leur apparition et le poisson aussi, parce que mon médecin m'a engueulée. Je lui cachais les raisons de tt ça. Je mangeais des légumes, dc je mangeais ! ms elle m'a fait peur en me parlant de "protéines". et j'ai découvert de nvx mots que j'avais tjs vu aux USA, mais dont je me fichais jusque là éperdument. Et voilà le résultat.

Je suis faible, anémiée et obsédée.

# Posté le samedi 10 mai 2008 17:15

Modifié le mercredi 14 mai 2008 09:34

un âne de plus et on tirera la chasse

un âne de plus et on tirera la chasse
Je me suis dis, il y a qq minutes, tiens, je vais la suivre, elle, voire si elle ne fait pas n'importe quoi.
ce petit truc a 15 ans. Elle ne sait pas écrire, et visiblement, elle a un grain. un tout petit riquiqui. c'est un concombre de mer. Ricanez avec moi :


" CC! MERCII PR TA DEMANDE EN AMII ;D
E JVE PA CA C TN TRIIP EIIN JTE RESPECTE MAII MOII JSS PRO ANA . ET JVOI PA SKIA DE MARAN EN FET O CONTRAIRE RIGOLER DE SA ALR KON C PA SKE LES PRO ANA VIVE C MOYEN JTROUVE.
VOILA C T JUST PR INFO MAI BN APRE TU PENSE SKE TU V EEIIN ;)
BIIZOUUUXXX A TOII ... "



la France est peuplée de débiles. C'est bien triste. Mais bon, une de démasquée de plus, qui ça étonne ?

J'ai sans doute du être débile à 15 ans, moi aussi, mais je n'ai pas le souvenir d'avoir été débile comme ça. J'étais débile parce que je ne vivais que pour l'école et que je soutenais que je m'en fichais. J'étais débile parce que je dénigrais ceux qui faisaient du latin et du grec, alors que moi même j'en faisais, que j'en fais encore, que ça me sert, parce que ça me permet de ne pas écrire comme celle qui m'a laissé ce commentaire. J'étais débile parce que mes chaussures de skateuse à deux balles valaient la peau du cul, et que, pour moi, avoir des énormes écrase merde et des bonnes notes c'était primordial. J'étais débile, mais : je n'ai jamais fumé quoi que ce soit. Je n'ai jamais volé. Je me fichais pas mal de mon poids, tant qu'il était bas. Donc, finalement, je ne me fichais pas de mon poids. :/


et faites attention à vous, nous sommes entourés de sots...

enfin bon... moi jcris : "Corse indépendante !"

# Posté le samedi 10 mai 2008 14:30

ouille !!!!

ouille !!!!
je suis tout faible, tout fatigué. je vais bouquiner.
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# Posté le samedi 10 mai 2008 13:59

don du sang donnons donnons vivons vivons

don du sang donnons donnons vivons vivons
je n'ai pas le droit de donner mon sang.
mais j'ai donné mon sang.
Les médecins sont hypocrites, mais ils ont raison.
Ca fait 3 fois que je le fais. la derniere fois c'était y a 1 an 1/2. Je pesais 39 kilos. Ils m'avaient pourtant autorisé. c'est bizarre. A chaque fois que je vois le petit camion blanc au gros coeur rouge, je m'approche pour demander si je peux le faire. Depuis 1 an 1/2 je demande. Depuis 1 an 1/2 on me jette "trop maigre et anémiée". pourtant, y a 1 an et 1/2, je pesais moins, et j'avais eu le droit. Je pèse aujourd'hui moins que lors de mon premier don, mais plus qu'au second. Tous savaient que je n'avais "pas le droit" aujourd'hui. Parce que la limite est de 50 kilos. Mais je me suis grossie de 4 kilos lors de l'entretien avec le médecin qui m'a dit : "ah ben comme tu l'as déjà fais, on va te noter que tu fais 1m65 et 50 kilos". Personne n'est dupe. "Je mange des patates, des pates et du nutella, oui oui". "j'ai bien mangé à midi", "c'est ma morphologie" (ça c'est exact)et attention : "je vais très bien". Ce qui est vrai en fait, parce que je me sens libérée d'avoir pu le faire. Je vais bien. Je fais 1m65 pour 50 kilos.
enfin non, je fais 4 cm de moins et 8 kilos de moins... et j'ai un joli trou sous mon joli bandage couleur chair.


hahahahaha !!!

# Posté le samedi 10 mai 2008 09:56

woohooooooooo ! "..."

tu sais "...", tu peux écrire aussi :)
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# Posté le vendredi 09 mai 2008 16:38