si vous saviez comme j'ai honte !

si vous saviez comme j'ai honte !
En ville.
Une envie pressante que la plupart des filles normalement voire même presque normalement constituées connaissent. Et un mal de ventre atroce qui vous donne envie de vous l'arracher vous même. Je titube, je panique.
Et, évidemment, ma chère demeure est à qq centaines de mètres qui me semblaient aussi énormes que de parcourir la terre entière à pied.
bref : d'habitude, je minaude et je rentre ds bar ou resto pour demander bien poliment si je peux utiliser leurs toilettes.
Là, direction le ciné où j'ai la carte illimitée. Je rentre, prends une place pour le premier film que je vois (68) et je cours au WC. direction la porte handicapée avec le gros logo bleu bien en évidence. Je ne me sens pas bien je fonce tête baissée. J'ai mal, je vais tomber ? Je me cramponne à la rambarde. J'ai mal. Ma poitrine s'emballe.

[attention, là, j'exorcise, même si j'ai bien conscience que je n'ai rien fais de grave ds le fond, je me sens gênée et fautive]

J'y reste qq minutes. Une femme dont la voix me parait âgée n'arrête pas de remuer frénétiquement la poignée. Je suis de plus en plus gênée. Ah c'est vrai, je suis chez les handicapés. Ca me stresse tellement que je n'arrive pas à faire pipi et mon ventre se tord. Il va s'en aller de lui-même, me ciao ciao l'amie, trouve t'en un autre !
Je n'ose pas sortir.
J'attends.
Elle continue.
Lorsque je me décide enfin à ouvrir la porte, je la vois, stationnant devant, le bras croisés et le visage plein de mépris qui me dit "vous n'avez pas l'air malade"

je rien rien trouvé de mieux à lui dire "Je porte un corset, madame". (mon passé me rattrape)

J'ai honte d'avoir utilisé les toilettes handicapées et de l'avoir fait attendre. Mais, elle "n'a pas l'air" handicapée non plus. Pas plus que moi. Et ça ne veut rien dire, "avoir l'air". J'ai tjs l'air joviale, mais c'est de l'herbe séchée qui pique. Elle avait peut etre juste l'air elle aussi... J'ai honte de n'avoir rien su lui dire d'autre.
Oh si, madame, je suis malade en moi. J'ai les organes qui s'effritent. Je suis une handicapée en puissance. A would-be disabled.

honte.

# Posté le jeudi 22 mai 2008 09:36

qui de nous 2 ?

je dois partir
je reviens ds qq heures

# Posté le lundi 19 mai 2008 08:31

je ne suis pas rousse, je suis.

je ne suis pas rousse, je suis.
Je suis amoureuse d'Albert Jacquard.
Je suis amoureuse de ses mots qui m'émeuvent et me coupent la respiration pour mieux les entendre. Ne pas rater une miette. Ne rien laisser échapper. Tout enfermer dans une cloche à fromage et ne plus jamais soulever. On pourra tous les contempler... et ce sera vachement instructif. Mais est-ce qu'on y croira ? Est-ce qu'on appliquera ce que tu nous transmets, humblement ? Est-ce qu'on en sera dignes ?
On verra plus tard. De toute façon, y aura toujours un con pour soulever la cloche... peut etre même moi... et qq bouts prendront la poudre d'escampette.... Zut...
comme si qqch de précieux était perdu à jamais... mais pourtant, si on creuse bien, rigoureusement, ce truc qui parait énorme habite chacun de nous, un peu, qqpart, qqfois...


Dingue ce rapport au corps, ce besoin paradoxal de se mettre en avant et de s'humilier... on le désire on le hait... et on tape du pied pour en faire tomber le sale, le "pas indispensable", le "ce qui se détache parce que ça n'a rien à faire là"... à la moindre secousse... hop la ! le sol est inondé...

# Posté le vendredi 16 mai 2008 17:15

blurp j'ai la tête à l'envers

blurp j'ai la tête à l'envers

# Posté le vendredi 16 mai 2008 17:14

relisons-nous, retrouvons-nous... ou éloigons nous et jetons tout au feu

relisons-nous, retrouvons-nous... ou éloigons nous et jetons tout au feu
Qui n'a jamais relu ses vieux journaux intimes et été envahi par les regrets, la honte, ou éclaté de rire en voyant les idioties pondues?

eh ben voilà on y est :
mes anciens journaux me foutent la honte, tandis que mes carnets alimentaires me font flipper.

Je sentais que ça allait revenir. Je savais, parce que je l'avais plus ou moins "décidé". Stop à la victimisation trop facile. Je suis maitre de mes actes et de mes pensées en amont, sans l'être malgré tout... c'est là tout le paradoxe.
J'avais "décidé" depuis bien longtemps que je reprendrais le rythme incessant, le rythme épuisant et sale. Nous y voilà. Je suce ma salade, j'ai ressorti les balances, les carnets, et la calculette. Je n'ai pas arrêté d'y penser, mais je ne notais plus, pour me forcer à m'échapper. J'y réfléchissais, mais je ne "faisais pas".


mais bon... la vie ne s'arrête pas là, et j'en ai bien conscience, même si ça prend de la place et du temps, j'en ai aussi, attention tenez vous bien : pour travailler, rire, danser, chanter, lire, me balader, prendre des photos de ma ville, me plaindre à la préfecture pour mon permis B encore raté à cause d'une connasse d'inspectrice qui mériterait d'être virée et à qui on devrait donner des cours de courtoisie, donc, j'ai du temps pour râler, taper du pied comme les enfants, bouder, téléphoner, faire semblant de manger du pop corn au ciné rien qu'en trempant ma main dedans, ranger ma chambre, passer l'aspirateur, recoudre mes chaussettes, regarder Aladdin, boire de la bière devant un match de rugby ds un bar irlandais peuplé d'ivrognes et de "je fais semblant de comprendre les règles du rugby, de comprendre les irlandais et d'être pote avec eux"... y en a beaucoup dans les pubs... on est beaucoup à avoir l'air catastrophés quand l'équipe adverse marque un essai... on est beaucoup...

# Posté le mercredi 14 mai 2008 09:26