Comme l'an dernier, je ressens cette éternelle solitude. Elle est collée à moi. Je regarde au sol, je la vois. C'est mon ombre. Je peux pas faire comme Peter Pan et la découdre de mes chaussures. Elle fait partie de moi, cette solitude.
J'ai beau faire tous les efforts du monde pour m'en dégager, elle reste là, sous ma chaussure.
Je suis enfin rentrée de Londres.
Londres me manque.
Londres, tu me manques.
Les londoniens me manquent.
La proximité avec les "londoners" me manque.
La dégaine des Londoniens me manque.
La chaleur du tube me manque.
Les prix élevés me manquent.
L'heure en moins me manque.
Le Tesco me manque.
Ma oyster card me manque.
Les rues me manquent.
L'herbe verte des parks me manquent.
La circulation inversée des voitures me manque.
Ma Taiwanaise me manque.
Mes Justine(s) me manquent.
Les clubs me manquent.
Les journaux gratuits pleins de faits divers abominables me manquent.
Les Custard Cream et les Digestives me manquent.
La moquette sale de mon appart me manque.
Mes balades musicales sous la pluie me manquent.
Ma solitude londonienne me manque. Parce que je pouvais la laisser sur le trottoir pendant que je prenais le passage piéton.
J'attends. Je suis. Je. Moi.
Une fois de plus je me conforte dans l'idée qu'il faut que je parte. Parce que, où que j'aille, tout ne sera que solitude, au fond, et comme pour tt le monde. Alors à quoi bon se raccrocher à des liens illusoires, quels qu'ils soient ? La famille ? Je les aime, ils m'aiment, mais. Je m'aime davantage. Et pourtant, le paradoxe est toujours là : Je me déteste aussi. Si je suis cette équation, est-ce que je déteste aussi ma famille ? On verra bien demain. Qui pensera à moi? On verra bien.
On verra bien si la mouche qui, à l'heure qu'il est, a le nez trempé dans la Vodka à Bayonne pensera à moi à minuit. On verra bien.
Les déceptions s'accrochent à moi. c'est comme du papier qui se colle au chewing gum lui-même collé à ma chaussure.
On verra bien.



